Jardin

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Une jeune femme parmi les tulipes tire sur un gardien de square sans raison apparente. Le jardin, havre de paix au milieu des façades, devient alors le théâtre de tous les bouleversements.

Extraits

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LE JARDINIER : – Qu’est-ce que tu veux qui se passe dans un jardin public ? Ici, c’est une parenthèse. Les mères pensent au futur. Les vieux pensent au passé. Les enfants jouent. Rien. Dans un jardin public, il ne se passe rien. Juste le temps qui coule. Voilà pourquoi il y a des bancs.
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ANGELA- Moi, ce que je veux, c’est une Cadillac. Vous la voyez ? Elle est là, elle me tend les bras, sur tous les murs de la ville, dans toutes les salles de cinoche, à l’intérieur de tous les journaux. Elle est là avec sa banquette rose. « Viens poser tes fesses » qu’elle me dit sans arrêt. A la fois je peux la toucher, à la fois je ne peux pas. La vie est un mirage. C’est beau partout dès que ce n’est pas vrai. Mais quand j’approche, je ne vois que du béton et des escaliers qui sentent la pisse.
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LE JARDINIER : – Prends un par exemple, tu as dit. Un, ça existe. Un arbre. Un homme. Toi. Un. Et toi, tu existes. Maintenant si tu veux mesurer un mètre. La largeur d’une allée. Hein? Bon. Ce sera toujours un mètre plus un petit quelque chose ou un mètre moins un petit quelque chose, un mètre plus ou moins zéro virgule zéro zéro quelque chose. Mais jamais exactement un. Donc voilà : un, à la fois, ça existe et ça n’existe pas.
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