Quand la viande parle

Courtes pièces crues ou saignantes à dévorer au choix mais sans modération.

Quand la viande parle est édité aux Impressions Nouvelles.

→ texte sur le site des Impressions Nouvelles
sur le site du théâtre Les Déchargeurs
teaser sur Youtube
https://www.froggydelight.com/article-16944-3-Quand_la_viande_parle.html
un article sur le blog

« Sang, sexe et scène…
La « viande » serait-elle douée de parole ? Dans cet excellent recueil de vingt-six saynètes (de A à Z) l’auteur ne cesse effectivement de mêler langage du corps et langage tout court : et quand la chair prend la parole, fait taire l’esprit ou le coeur, et que l’instinct (passions, frustrations, désespoir…) l’emporte sur la raison, ce qu’il peut s’ensuivre est imprévisible. Les duos ou trios qui défilent sous nos yeux ne sont pas nécessairement des désaxés irrécupérables et les déséquilibres que dépeint Bruno Allain peuvent s’abattre, semble-t-il dire, sur chacun d’entre nous ; attachements et séparations, lâchetés et solitude, illusions sentimentales et relations de pouvoir, l’auteur décline tout cela avec habileté et propose un échantillonnage non exhaustif des travers et des dysfonctionnements inhérents à la condition humaine, entre réalisme cru, grotesque et cynisme, y ajoutant une critique acide du consumérisme ambiant… de quoi se régaler. »
B.L., sitartmag.com, août 2005

Extrait

(…)
Prems : – Le pouvoir, c’est la queue. Tu entres dans La femme. Tu vas et viens. Tranquille, tu vois. Maîtrisé. Tu limes. A l’aise. Tu peux compter le nombre d’allées et venues. Des fois profond, des fois au bord. Tu limes. Pour savoir où tu en es, de temps en temps, tu accélères. Histoire de tâter le terrain, tu vois. Et tu surveilles La femme. Tu regardes comment ça lui fait. Et tu continues. Tu limes. Avant, arrière. Relax. Super. Cette bandaison comme ça. Et tu y vas. Maîtrisé, tu vois. Si nécéssaire, tu ralentis. Mais toujours tu poursuis. Chlif chlaf! Et tu surveilles La femme. Sûr, si elle a un sentiment pour toi, autrement dit : si tu ne la violes pas, ha! à un moment, ça lui fait de l’effet, ton mouvement. Tu lui demandes. Tu la câlines. Mais attention! tu demandes positif : « ça te fait de l’effet, hein ? » Ne lui laisse pas le choix. Là, tu perds la partie. Comme deux et deux font quatre. Non. Tu ne sors pas de ton rôle, tu vois. Tu limes. Et ta queue en elle qui va et vient, La femme mouille, bon, tu le sens, ta queue qui va et vient, ça lui fait des trucs. Ce bâton, chlif chlaf! Hein ? Et toi, imperturbable, tu poursuis. 60, 61, 62, 63. (…)